Les pires aventures, les meilleures histoires

Tu as bien compris mon titre, c’est une expérience dont on se serait volontiers passée que je vais te raconter aujourd’hui.

Je t’avais laissé aux Bahamas, et nous sommes actuellement en République Dominicaine. Comme pévu, nous avons foncé dans la pétole pour avancer le plus loin possible en faisant étape aux Turcs & Caïcos. Une étape pas désagréable, loin de là, où les enfants ont fait des châteaux de sable avec une égyptienne d’une quarantaine d’années, habitant la Floride, et parlant couramment français. Ce voyage est plein de surprises, n’est-ce pas?

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Bref, jusque là, rien de spectaculaire.

C’est ensuite, entre les Turcs et la République Dominicaine que ça se passe. Il faut que tu imagines que nous sommes alors partis pour 50h de navigation, entre près et moteur donc, soit deux nuits de veille pour Oliv et moi.

A ce moment là, on en a marre, on a envie d’être arrivés. On s’occupe facilement à bord avec les enfants bien sûr (on peint, on écrit des contes, on joue, on prépare des exposés, on cuisine …) mais on a juste envie d’être arrivés. Le deuxième soir, nous dinons, la nuit est tombée depuis 1h, et nous nous réjouissons d’arriver le lendemain matin à Samana, si tout va bien autour de 9h.

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Projet : dessiner les régions de France avec leur fleur « typique »

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Bon, celle-là date un peu comme photo, mais elle est drôle non?

Quand, soudain …. Le moteur fait un bruit épouvantable… puis cale.

Panique. On est assez proche de la côte, qu’on longe pour éviter au maximum la houle et les vagues qui nous ralentissent, on pense donc d’abord qu’on a touché. Impossible pourtant, il y a plus de 1000 m de fond d’après les instruments.

Hélas, l’autre option, est claire : on a pris quelque chose dans l’hélice. Il fait nuit donc. On n’a plus de moteur, pas de vent, on commence à dériver. On range le diner, et on commence à inspecter : avec une lampe de poche, nous voyons une branche de palmier trainer à l’arrière. Finalement, ce n’est peut-être pas si grave, si c’est de la végétation, on peut peut-être arriver à broyer tout ça en faisant tourner l’hélice en marche arrière. On tente, ça cale. On ouvre le moteur, pas de problème, tout semble fonctionner, quelque chose est donc coincé sous l’eau. Oliv me dit qu’il ne sent pas l’hélice tourner. Autrement dit, soit elle est tombée, soit elle est bloquée. Il veut aller voir. Alors là, comment te dire, je ne suis pas d’accord du tout. Il fait nuit, on n’est juste à côté des récifs, et il veut aller se baigner sous le bateau !!

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Finalement, il reconnaît que ce n’est pas l’idée du siècle, de toute façon, il n’y verra rien. Pas le choix, on doit prendre notre mal en patience et attendre que le jour se lève. Une longue nuit d’attente et d’angoisse commence alors, un de ces moments où tu te dis, mais « bord*l, qu’est ce que je fous là ? ». Limite, si on te proposait -à ce moment précis- de retourner bosser sur un open space, tu signerais tout de suite.

Finalement, au petit matin, après s’être reposé largement 3h, Oliv se prépare à plonger. Imagines-toi qu’il est a peu près 6h30, autant dire qu’il n’a vraiment pas envie d’y aller. Mais, d’après nous, c’est le meilleur moment : pas de vent encore, les enfants dorment et la lumière commence à nous permettre d’y voir clair. J’attache Oliv au bateau avec une amarre, il est ravi tu penses, et il saute. Mes jambes tremblent, j’en ai les larmes aux yeux (mais c’est assez normal chez moi, ça vient vite, rassures-toi).

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Allez Mitch : à l’eau !!

Il découvre alors que c’est en fait un amas de vieux filets de pêche qui se sont enroulés autour de l’hélice. Il essaie comme il peut de sectionner tout ça avec un couteau, se coupe, imagine les requins qui vont du coup le repérer, continue, encore et encore, en apnée, jusqu’à libérer l’hélice au bout d’une bonne demi-heure. Il remonte à bord, Colin s’est réveillé, nous rallumons le moteur et buvons un thé.

Voilà.

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Encore une fois, nous avons été très chanceux dans notre malheur, que ça n’arrive pas le premier soir, ou dans l’intercostal aux Etats-Unis, ou par 30 nœuds de vent … Que rien ne soit cassé, que ça n’ait pas été un container, ou autre objet flottant non identifié. Pour nous, ce sera juste un retard de 8h à l’arrivée. Dur à avaler, mais un vrai soulagement quand même.

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Repos du guerrier …

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… et finalement, la République Dominicaine !

Tout ça pour te dire, encore une fois, qu’on a hâte de retrouver les bateaux-copains pour leur servir cette bonne histoire et en rigoler autour d’un (ou deux) verre de punch.

 

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