Où l’on se rend compte que le stress diffère selon les personnes

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Entrée dans l’intercostal … beaucoup de maisons de pauvres dans le coin

« C’est bon, à partir de maintenant, on va naviguer la plupart du temps dans l’intercostal, ça va être tranquille ».

Oui. Bien sûr. Près d’une année de voyage, et on arrive encore à se raconter des jolies histoires.

L’intercostal, pour te situer, c’est un passage qui a été aménagé tout le long de la côte est des Etats-Unis pour pouvoir circuler sur l’eau, à l’abri des caprices du vent. Il suit la côte, mais c’est comme un immense fleuve si tu veux. Un super plan pour aller loin sans s’inquiéter d’en revenir. Tous les voiliers ne peuvent pas l’emprunter cela dit, car il faut pouvoir passer sous un certain nombre de ponts. Pour nous, ça passe.

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où tu vois qu’il n’y a quand même pas beaucoup d’eau !!

C’est donc tous contents de la belle balade qui s’annonce que nous quittons Charleston, en direction d’un petit village du nom de McLellanville.

Le départ est idyllique, nous passons un premier pont, ouvrant, puis un deuxième sous lequel nous passons sans problème. Ce sont les seuls de notre parcours du jour, on peut désormais profiter du panorama. Et ça vaut franchement le coup, car nous traversons plein de jolis villages, avec leurs magnifiques maisons en bois, toutes équipées d’un ponton personnel. Superbe. Nous restons toujours à la barre car ce n’est pas large, et nous surveillons le fond. D’autant que les marées se ressentent dans l’intercostal contrairement à un vrai fleuve.

Et oui.

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A midi, marée haute, nous décidons de poser notre ancre pour déjeuner tranquillement. Aussitôt sortis de la route conseillée, nous nous posons dans la vase. On ne réfléchit pas longtemps avant de se dire qu’il faut sortir vite fait de là, car la marée descend. Oliv monte dans l’annexe pour aller pousser la pointe du bateau et nous aider à rejoindre la partie la plus profonde, je me mets à la barre et tente de bouger en faisant alternativement marche arrière toute, marche avant, tout en tournant la barre dans tous les sens pour dégager le safran. On échange nos rôles, et finalement au bout d’un petit moment, nous arrivons à nous dégager et à reprendre notre route. On laisse tomber l’arrêt déjeuner, on a perdu une heure déjà.

On souffle, et on se dit qu’on s’en tire à bon compte, qu’on a compris la leçon, on ne s’écarte plus de la route. On continue d’avancer comme cela, mais avec la mer qui disparaît au large, on redouble d’attention pour ne pas nous poser de nouveau. Le fond est de plus en plus proche, mais nous sommes en vue de McLellanville.

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La pêche à la crevette est l’une des activités importante du coin

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Partout, des nichoirs pour les oiseaux qui arrivent d’Amazonie pour faire leurs petits

Nous avons échangé avec quelques marins ayant emprunté l’intercostal en voilier, nous savons que jusqu’à la Caroline du Nord, c’est un peu limite. Ensuite, nous rejoindrons des eaux plus profondes et ça devrait être plus relax. Bref, on en est là dans nos réflexions quand – à 1 mile de l’arrivée- nous touchons de nouveau. Pas la peine d’essayer de se dégager cette fois, l’eau est trop basse, nous n’irons pas plus loin.

Il est 16h, la mer descend encore pendant une heure. Evidemment, c’est à ce moment que le vent monte en rafales à 35 nœuds. Nous mettons l’ancre pour ne pas déraper au moment où l’eau va monter, et nous attendons … si près du but !!! Avec Colin nous partons en repérage en annexe, et trouvons un endroit où nous ancrer, au fond d’un petit bras de rivière. Il y a là un voilier aussi gros que le nôtre, c’est donc que ça passe. Son propriétaire nous rassure, et puis il faut qu’on fasse vite, l’orage arrive. De retour sur Avae Reva, nous arrivons enfin à nous dégager et reprendre notre route, mais au moment d’emprunter ce bras de rivière, nous sommes à nouveau bloqués. Troisième fois que nous touchons, Oliv est à bout, le ciel est de plus en plus noir, les enfants de plus en plus excités. Au top )))

Finalement, nous tentons de faire balancier Romane, Colin et moi, en sautant alternativement à bâbord, puis à tribord pour qu’Oliv puisse reculer. La manœuvre fonctionne, à ma grande surprise je l’avoue, et aidés des conseils des locaux, nous arrivons jusqu’au ponton où nous nous amarrons juste avant la pluie. Ouf.

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Bloqués devant l’entrée … avec l’orage qui arrive droit sur nous

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Les enfants sont ravis de leur journée, j’ai trouvé cela pittoresque, Oliv est au fond du seau. Il se demande presque s’il ne préfère pas les orages en pleine mer !!!

(Mais non, à la réflexion)

 

 

4 réflexions sur “Où l’on se rend compte que le stress diffère selon les personnes

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