Tiens, si on allait à Moustique ?

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Les Tobago Cays aux Grenadines

Je te l’écrivais la dernière fois, on est parti passer une dizaine de jours dans les Grenadines.

Les Grenadines, c’est un peu l’histoire de tout ce qu’on aurait pu louper tu vois. On était moyennement chauds pour y aller. De toi à moi, la motivation nous faisait clairement défaut. En effet, comme pour les îles du Nord, c’est facile d’y aller, mais plus compliqué d’en revenir. Les nombreux apéro-bateaux sont souvent l’occasion de se raconter nos pires souvenirs, et on a entendu dernièrement pas mal d’histoires de vagues scélérates, de canaux déchainés au sujet de cette zone. Bref, comme tout le monde nous a aussi raconté combien c’était magnifique, et qu’on se cherchait une excuse pour ne pas chercher de boulot, on a fini par partir.

Une nav’ idyllique nous a permis d’arriver directement à Bequia puis nous sommes descendu jusqu’à Happy Island, Union, Mayreau et les Tobago Cays. Franchement, c’est canon, les photos te le montreront bien mieux que ce que je pourrais t’en dire. Et pourtant, les photos sont bien en dessous de la réalité, crois-moi !

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Happy Island, un mythe aux Grenadines

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Union Island

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Mayreau, un mouillage magnifique quoiqu’un peu rouleur

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Bequia : le top !

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Après ça, on voulait remonter tranquillement, en passant par Moustique. Moustique, tu vois, c’est l’arrêt, tu sais que tu vas te faire plumer, mais franchement, il y a zéro chance que t’y reviennes un jour. Donc, je voulais y aller à tous prix. C’est ma seule occasion de tomber par hasard sur Kate et William et que les enfants fassent des pâtés de sable avec Georges et Charlotte. On est bien d’accord: impossible de passer si près sans s’arrêter.

Et pourtant, le ciel était assez expressif hier matin : 25 nœuds de vent, gros grain bien noir, pluie qui mouille… Oui, certes… mais tu visualises Georges et Colin sur la plage ??? Allez quoi.

Allez, on y va. On part donc pas super tôt, sur les coups de 11h, on sait qu’il faut qu’on fasse du près mais le vent faiblit un peu, et si jamais, on peut s’arrêter avant à l’abri de Canouan, une île entre les Tobago -où nous sommes- et Moustique. On verra à ce moment là.

On part au moteur, histoire de voir à quoi ressemble la mer derrière la barrière de corail qui nous protège des vagues. Franchement, ça passe tranquille. On a 12 miles à faire au près pour Moustique, on se décide à monter les voiles et on y va. Très vite, on se rend compte que ça ne va pas être drôle finalement. Il pleut encore un peu, mais surtout la mer ne ressemble à rien, ça vient dans tous les sens, on gite, on n’arrive pas à faire cap, on va faire des bords carrés même avec le moteur en renfort. On essaie encore un peu, vainement, puis Oliv me dit qu’il faudra remonter jusqu’à Bequia avant de pouvoir virer vers Moustique. En gros il faudrait faire deux fois la distance. Ok, on laisse tomber Moustique pour aujourd’hui, et on s’arrêtera à Bequia.

A ce moment là, le moteur nous lâche … encore. Depuis notre retour des îles Vierges, on sait qu’on a un problème, qu’on a identifié grâce à nos amis québécois. Il y a des saletés dans le réservoir de gasoil, ce qui gène l’arrivée d’essence dans le moteur, du coup il cale. Ce n’est pas grand chose, il faut juste qu’on nettoie le réservoir quand il sera vide, mais là, on a toujours 20 à 25 nœuds de vent dans la gueule, et il faut qu’on arrive au mouillage et qu’on pose l’ancre. On redémarre, il cale aussitôt. Génial. Oliv ne jure plus, ce qui, tu le sais comme moi, n’est pas bon signe. On redémarre, et on le laisse en dessous de 1000 tours – à bas régime si tu veux- et là, heureusement, il tient. On ne l’éteint plus, on n’accélère plus, on prie pour qu’il reste allumé jusqu’à ce que l’ancre tienne.

On arrive finalement à plier les voiles, et on cherche une place au mouillage de Port Elisabeth, assez fréquenté. Le vent souffle toujours aussi fort, on pose l’ancre une fois, on dérape. Mais parfait, c’est bien le moment pour rater son ancrage ! On relève, on pose une deuxième fois, et …. on dérape. Ah non hein, à ce moment là évidemment un énorme grain nous passe sur la tête, on se fait tremper. Mais notre troisième tentative est la bonne, on est ancré, on ne bouge plus. Ouf, il est 16h01, les enfants ont faim et réclament leur goûter, je propose donc de nous remettre de nos émotions avec une glace. Excellente idée, on a pile le temps d’arriver à terre, d’acheter nos cornets, et de nous mettre à l’abri avant que la pluie ne se remette à tomber franchement.

Ecoute, c’est bien simple, je pense qu’on a fait tous les mauvais choix !!

Et tu vois, en t’écrivant je me marre en me disant qu’il y a plusieurs manières pour une journée de devenir mythique : il y a la journée parfaite, belle nav’, beau temps, beau mouillage, beau coucher de soleil … qui est aussitôt mythique. Ça c’est nous en descendant aux Grenadines. Et il y a la journée où tout va de travers, tu fais tous les mauvais choix, les ennuis s’accumulent, et tu te marres en te disant que c’est pas possible cette poisse. Et elle devient mythique avec le temps, parce que tu vas la raconter vingt fois aux prochains apéros-bateau.

Parce qu’on s’en reparlera avec les enfants plus tard, beaucoup plus tard. « C’était encore une sacré aventure » on se dira alors.

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Cette semaine, c’était aussi l’anniv d’Oliv…

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… et de Colin !

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Jusqu’à la dernière minute !!

 

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