Celui où l’on ne sait plus où donner de la tête

 

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Cadiz, la ville aux 1000 places

Voici le récit totalement partial (et partiel d’ailleurs) de notre nav’ entre Cadix et Rabat.

C’est finalement le dimanche matin, après avoir hésité pour cause de météo incertaine, et consulté les copains de ponton (et même ceux qui sont plus loin !!), que l’on décide de partir pour Rabat. Un coup de vent se confirme à partir du mardi, pour au moins 4 jours, il faut qu’on passe avant.

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Nous partons au moteur à 7h, sur un mer très calme, nous nous dirigeons vers la sortie du golf de Gibraltar, là où nous devons rentrer dans une zone plus ventée, autour de 20 nœuds annoncés, mais plutôt de travers. Parfait.

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Départ au petit matin, temps calme

Colin, qui décidément ne se décourage pas, pose rapidement sa ligne de traine. Je lis dans la cabine à l’avant, les enfants prennent tranquillement leur petit déjeuner avec leurs grands-parents. Les parents d’Oliv nous ont rejoint quelques jours plus tôt à Cadix.

Notre vitesse est idéale, sans doute l’endroit est-il favorable, bref, en arrivant au niveau du golf, Dominique remarque que la ligne tire. Je réveille Colin qui s’est rendormi sur le pont, qui appelle son père, tout en remontant sa ligne pour découvrir notre première prise ! L’excitation est maximum, on n’y croyait presque plus après avoir perdu plusieurs hameçons dans l’eau et pêché exclusivement des sacs plastiques. Il n’est pas très gros, mais ça fera l’affaire pour midi, on le prépare aussitôt, on met des patates dans l’eau. Je n’ai pas le temps d’allumer le four qu’une deuxième prise est annoncée dans des hurlements de joie. Oliv remonte une énorme bonite, qu’il a d’ailleurs un peu de mal à tuer. Cette fois c’est sûr, il y en aura pour tout le monde.

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Je descends alors chercher je ne sais quoi, un couteau, un plat, je ne sais plus quand … je mets le pied dans l’eau. En bas donc, dans la cuisine. Je mets le pied dans l’eau et ça me glace le sang. Je baisse les yeux, de l’eau s’infiltre par le sol, je soulève le plancher, et je découvre qu’il n’y en a pas qu’un peu.

Ce n’est pas la première fois vois-tu, nous avons un réservoir arrière qui déborde à la gite quand il est plein (or, nous avons justement fait le plein avant de partir), je le sais. Je le sais bien sûr, mais comment te dire… Je suis atteinte du syndrome « Amélie Poulain ». Tu vois ? Mais si tu vois, par exemple, Oliv met un peu de temps à rentrer de Leroy Merlin et je l’imagine déjà dans un cercueil, au milieu de l’église du village, les aixois et les lyonnais réunis pour un dernier hommage vibrant à l’homme qu’il fut. Bref, mon imagination est débordante, ma vie intérieure dramatique. J’ai l’habitude, je sais gérer la plupart du temps.

Et donc là, il y a de l’eau dans la cuisine, le vent se lève franchement, on est plus proche des 25 nœuds que des 20 annoncés, Oliv pêche un troisième poisson, je m’aperçois qu’il n’y a plus de gaz pour faire cuire les patates, bref … c’est trop d’informations. D’un coup, on ne sait plus où donner de la tête !!

On relève la ligne, on a trop de poissons de toute façon, et plus de gaz pour le faire cuire, on écope les fonds (Si. J’avoue. J’ai quand même goûté l’eau pour savoir si elle était salée. Et non. Donc on ne coule vraiment pas), on met un ris dans la voile.

Ce qu’il y a de bien avec les enfants, c’est qu’eux, toute cette agitation ne leur fait ni chaud ni froid. Je pense qu’ils ne perçoivent pas d’inquiétude de notre côté (je te dis, je sais gérer ma vie intérieure, Oliv quand à lui ne voit pas de problème), donc tout est normal pour eux. Et du coup, pendant que tu es là, à gouter ton eau de fond de cale, Colin te demande si c’est l’heure de l’apéro, ou du déjeuner, ou du goûter, à moins que ce soit l’heure de diner. Mais si c’était l‘heure de l’apéro ce serait quand même bien parce qu’on est dimanche maman, et on a dit que le week-end on pouvait prendre l’apéro. OK !!!! SORS-LES TES CHIPS !!! Tandis que Romane se demande pourquoi c’est elle qui devrait sortir les verres et pas son frère et pourquoi il faudrait qu’elle s’habille et pas son frère, et si c’est vraiment nécessaire de se coiffer aujourd’hui. Bref, ce qui est bien avec les enfants c’est qu’ils gardent toujours le sens des priorités, et ça te permet de rester bien ancrer, les deux pieds sur terre (enfin, sur mer, mais bon tu as compris l’idée).

Finalement, tout est rapidement sous contrôle, on pique-nique en se demandant ce qu’on va bien pouvoir faire de tout ce poisson cru. On décide de le garder jusqu’au soir, on pourra toujours tenter de faire cuire les filets dans le citron. Oliv va se coucher en prévision de la nuit, je prends la main pour l’après-midi qui se passe sur le même rythme. On tient une bonne moyenne autour de 7 nœuds, ça secoue un peu mais on est toujours de travers donc ça va.

Et Oliv finit par se réveiller pile à l’heure… pour mettre en route le barbecue. Attends, si on n’a plus de gaz, on a toujours du charbon de bois ! Le vent baisse progressivement comme prévu, on fait cuire nos poissons sur le pont, qu’on déguste au soleil couchant. On se régale, et on va se coucher.

La nuit se passe sans encombre, Oliv et son père se relaient tandis que j’essaie de dormir pour assurer la classe le lendemain matin. On finit par allumer le moteur et on s’approche tranquillement de Rabat au matin.

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La tour Hassan II

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La médina, au détour d’une rue

Ça y est, on est au Maroc !

PS// si ça vous amuse, vous nous verrez dans la vidéo des copains de Kalispera ici

 

8 réflexions sur “Celui où l’on ne sait plus où donner de la tête

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